Prothèse de hanche

  • Principe de l’intervention

 

Le but de l’intervention est de supprimer la tête du fémur et positionner une prothèse fémorale et cotyloïdienne (cupule au niveau du bassin).

 

  • La voie d’abord ASIA ou DAA

 

La voie d’abord ASIA (anterior supine intermuscular approach) ou DAA (direct anterior approach) permet un abord atraumatique de la hanche.

La voie d’abord est la technique nécessaire pour mettre en place les éléments prothétiques.

La voie d’abord doit être la moins agressive possible car la hanche est une articulation très profonde entourée de muscle. Ces muscles sont indispensables pour la bonne marche de l’articulation et leur lésion va entrainer un mauvais fonctionnement de la hanche (boiterie, douleurs…..) ou un affaiblissement de la connexion entre les pièces prothétique (luxation de prothèse).

La voie d’abord moins agressive provoque moins de douleur.

Le deuxième avantage de la technique ASIA est la position de l’opéré qui est allongé sur le dos. L’analyse de la longueur des deux membres inférieurs se fait directement sans possibilité d’erreur (à la différence de la position couché sur le coté qui ne permet pas se contrôle).

 

De nombreux films et témoignages (malheureusement en anglais) sont disponibles sur you tube en indiquant ASIA ou Direct Anterior Approach comme mot clef.

 

  • Les suites opératoires

 

Le jour de l’opération


Après l’opération le patient est conduit à la salle de réveil où il restera le temps nécessaire pour l’anesthésie (locale ou générale) se lève et que la douleur soit totalement soulagée.

Dans la chambre la perfusion est enlevée par l’infirmière et les habits de la salle d’opération sont de suite retirés et sont remplacé par les habits du patient. Il est possible de se lever dés que l’anesthésie est levée que toutes les sensation notamment au niveau des pieds sont revenues. Le 1° jour le lever ne pourra se faire seul et devra se faire lentement.

Pour les patients qui rentre le soir chez eux (ambulatoire) le kinésithérapeute passera en milieu de journée afin de marcher avec les cannes et de monter et descendre les escaliers, puis la radio et faite et le patient peut sortir .

Pour les patients sortant le lendemain le kinésithérapeute passera plus tard vers 19.30

 

Le lendemain

 

Le kinésithérapeute fait monter et descendre les escaliers et apprend à marcher avec les cannes.

La radiographie est faite dans la matinée puis la sortie peut se faire.

 

 

Deuxième jour et les suivants

Les 4 premiers jours l’activité doit être très modérée afin d’éviter les hématomes qui sont la principale complication des premiers jours. Progressivement l’autonomie est obtenue avec deux cannes puis une seule canne en quelques jours, il est conseillé de garder la deuxième canne au moins 3 semaines.

 

 

 

1° lever 6 heures après l’intervention

1° jour après l’opération (jour de la sortie)

 

Le jour de la sortie J0 ou J1 (les cannes ne sont plus indispensables sur une courte distance).

 

 

L’intérêt d’utiliser une technique opératoire non agressive est la récupération rapide des fonctions musculaires, l’absence de fonte musculaire et à long terme l’oubli complet de la prothèse.

 

Cette dame victime d’une fracture du col du fémur a décidé rentré directement chez elle après l’intervention alors qu’il était prévu un séjour dans centre après l’opération.

 

  • Les complications

 

Les hématomes

Favorisés par l’administration d’anticoagulant et l’activité précoce. Il est important de mesurer ses effort les 72 première heures et de porter le collant de contention. Le traitement de l’hématome est l’attente et le repos avec une disparition de l’hématome en 15 ou 21 jours.

 

L’infection

Elle représente 1% des opérations de prothèse de hanche, elle est favorisée par le diabète, les maladies circulatoires (athérosclérose, artériopathie…..), les hématomes, les infections associées (infection dentaire, urinaire, pulmonaire…). Il existe plusieurs type d’infections.

La première est l’infection nosocomiale qui a un rapport direct avec l’intervention chirurgicale ou surtout les suites opératoires (pansements).

La seconde est l’infection secondaire qui peut survenir plusieurs années après l’opération. Elle est provoquée par la présence de bactéries dans la circulation sanguine qui vont se fixer sur les éléments prothétiques. L’origine des bactéries est variée (dentaire, pulmonaire, urinaire…..).

 

Les phlébites et les embolies pulmonaires

Une phlébite est une veine qui se bouche par un caillot de sang, ce caillot peut migrer jusqu’aux vaisseaux pulmonaires et entrainer des problèmes pulmonaires graves.

On peut empêcher la formation de ces caillots par la prise d’anticoagulants (petite injection à faire sous la peau tous les jours) pendant une durée de 5 semaines après l’intervention et le port de bas de contention pour une durée identique.

 

Les luxations de prothèses

La luxation de prothèses est une déconnexion des deux éléments prothétiques. Ces épisodes surviennent dans certaines positions elles sont plus fréquentes le 1°mois après l’intervention et la prudence est recommandé pendant cette période.

La fréquence des luxations est variable selon la voie d’abord utilisée, et elles sont plus fréquentes pour les voies postérieurs de manière définitive et exceptionnelle après le premier mois sur les voies antérieures.

 

La différence de longueur des membres inférieurs

Elle représente une complication assez fréquente et très gênante, avec des répercussions au niveau lombaire. Elle est rendu possible par la position de l’opéré sur le coté ou par l’usage d’une table orthopédique qui rend impossible une mesure exacte d’un membre inférieur par rapport à l’autre. La position couché sur le dos de la technique ASIA permet une mesure précise car les deux pieds sont pris dans les champs stériles et un contrôle directe par le chirurgien est possible, mais parfois un allongement est indispensable car la fonte musculaire des muscles fessiers avant l’intervention ne permet pas une connexion correcte entre les éléments d’où l’intérêt de ne trop tarder pour se faire opérer.

  • Les implants prothétiques ceux qu’il faut savoir. 

les implants peuvent être fixés par une colle appelé ciment mais impose que la prothèse fémorale soit en chrome cobalt qui a un module d’élasticité assez éloigné de l’os. Soit la prothèse se fixe naturellement par l’os qui adhère à l’implant en quelques semaines, dans ce cas l’implant sera en titane et a un module d’élasticité plus proche de l’os.
Il est important que l’implant ne perturbe pas l’élasticité de l’os car cela produit un stress shielding à l’origine de douleur de cuisse.

Une prothèse cimentée en chrome cobalt où le stress shielding se manifeste par un épaississement de l’os à la jonction distale de la prothèse

 

Prothèse en titane mais vraisemblablement surdimensionnée qui provoque cet épaississement osseux à long terme source de douleur de cuisse.

Le choix de la prothèse n’est pas anodin et il vaut mieux que la prothèse posée est un peu de recul et que des études corroborent la bonne durée de vie de l’implant.